Babylonia 2/2027 – Langues des signes : politique, didactique et plurilinguisme vécu [cfp]

Dans ce numéro, Babylonia se consacre pour la première fois aux langues des signes en Suisse et dans les pays voisins. Nous souhaitons aborder ce thème sous différents angles et laisser place à la discussion autour des questions politiques, juridiques, linguistiques, pédagogiques et didactiques. La Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) mentionne le droit d’utiliser la langue des signes, langue officiellement reconnue dans la plupart des États membres de l’UE, (voir aussi Grosjean 1999). Ce n’est pas encore le cas en Suisse au niveau fédéral. Nous souhaitons donc intégrer à ce numéro la question de la politique linguistique.

Dans sa présentation détaillée de la situation des trois langues des signes et de leurs variétés en Suisse, Penny Boyes Braem (2024) discute leur statut social. Saskia Mugnier (2023) explore, d’un point de vue sociolinguistique, les politiques éducatives ainsi que les pratiques sociales et pédagogiques adoptées à l’égard des langues des signes dans l’espace francophone. Elle montre que l’altérité linguistique des personnes sourdes révèlent des positionnements peut-être encore plus frappants que ceux que nous connaissons des controverses sur le plurilinguisme.

Toutes deux thématisent brièvement l’acquisition et l’apprentissage des langues des signes, un thème central dans ce numéro. Pour les personnes sourdes, la langue des signes représente généralement une des langues de leur répertoire linguistique. Ce plurilinguisme soulève des questions didactiques qui rencontrent un intérêt croissant dans la littérature. L’édition élargie du CECR (Conseil de l’Europe 2021) présente des descripteurs pour la langue des signes ainsi que des approches pour une didactique spécifique (Geffroy/Leroy 2018, Grote, Sieprath, Staudt 2018) et pour la formation des enseignant·es (Buregat/Drouillet/Perini 2021).

Nous sommes donc intéressé·es par des contributions sur les thèmes suivants :

  1. Reconnaissance des langues des signes/droit à la langue des signes, état de la législation, initiatives, contributions d’autres pays, langues des signes dans l’école inclusive.
  2. Langues des signes et leurs variétés dans les régions linguistiques de Suisse
  3. Formation des enseignant·es
  4. Enseigner et apprendre les langues des signes : concepts didactiques et défis, aperçu d’autres contextes éducatifs (par exemple en France, en Allemagne, en Autriche, en Italie)
  5. Langue des signes : acquisition, bilinguisme, identité biculturelle des apprenant·es/locuteur·trices de la langue des signes, immersion
  6. Apprendre la ou les langues des signes en tant qu’entendant : défis spécifiques (par exemple, pensée spatiale, modalité auditive vs visuelle-gestuelle, prise de parole dans les langues des signes…)

Nous sommes ouvert·es à d’autres suggestions.

Nous saluons les contributions empiriques (projets de recherche), pratiques (matériel didactique, exercices, bonnes pratiques) ainsi que les contributions engagées socialement (prises de position, interviews, etc.). Babylonia favorise un style de rédaction clair et de compréhension aisée. Longueur des articles : 16’000 à 20’000 caractères (4 à 5 pages). Cf. Liste de vérification de la soumission & Feuille de style

Veuillez envoyer votre résumé (max. 2’000 caractères, espaces comprises) en allemand, anglais, français, italien ou romanche d’ici le 1er août 2026 à ingo.thonhauser@hepl.ch, et/ou karine.lichtenauer@unifr.ch.

DélaisNuméro 2/2027

  • Soumission des résumés : 1er août 2026
  • Communication des contributions acceptées : octobre 2026
  • Soumission des articles : 31 décembre 2026
  • Retour sur l’article et révisions par le comité éditorial 
  • Envoi de la version finale : 1er mai 2027
  • Lectorat et formatage
  • Publication du numéro : août 2027

Références bibliographiques

Boyes Braem, P. (2024). Gebärdensprachen. In E. Glaser, J. Kabatek, & B. Sonnenhauser (Eds.), Sprachenräume der Schweiz Band 1: Sprachen (pp. 185-208). Narr Francke Attempto Verlag GmbH + Co. KG. 

Burgat, S., Drouillet, J., & Perini, M. (2021). Former les enseignants de LSF du second degré: regard sur cinq années d’expérience. Les Langues modernes. Dossier: Enseignement et apprentissage des Langues de Signes: perspectives historiques, sociales et linguistiques 115(1), 42-50. 

Conseil de l’Europe (2020). Cadre européen commun de référence pour les langues : apprendre, enseigner, évaluer. Volume complémentaire. Council of Europe. 

Geffroy, V., & Leroy, É. (2018). La didactique de la langue des signes française TIPA. Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage(34). https://doi.org/10.4000/tipa.2653 

Grote, K., Sieprath, H., & Staudt, B. (2018). Deaf Didaktik? Weshalb wir eine spezielle Didaktik für den Unterricht in Gebärdensprache benötigen. DAS ZEICHEN, 110, 2-13. 

Grosjean, F. (1999). The right of the deaf child to grow up bilingual. Deaf Worlds, 15(2), 29-31. 

Mugnier, S. (2023). Surdité(s), langue(s) et altérité (s) : (RE)constructions des altérités linguistiques. Glottopol(39). https://doi.org/10.4000/glottopol.3808 

Timmermans, N. (2005). Le statut des langues des signes en Europe. https://www.fzgresearch.org/deutsch/index.html