Ein Inventar des zweisprachigen Unterrichts im Kanton Bern

von 06-07-2020Featuring-DE, Interviews, Lesen0 Kommentare

Wie steht es um den zweisprachigen Unterricht in der Schweiz? Ein Pilotprojekt der UniGE liefert erste Einblicke in die Angebote an Berner Schulen mit dem langfristigen Ziel, einen schweizweiten Überblick zu verschaffen. In einem Artikel und einem Interview von Prof. Daniel Elmiger werden die wichtigsten Erkenntnisse über dieses Inventar vorgestellt und besprochen.

Das Pilotprojekt Bern·e wurde von einem Team der Universität Genf (Daniel Elmiger, Aline Siegenthaler, Verena Tunger) durchgeführt und gibt einen Einblick, welche zweisprachigen bzw. bilingualen Ausbildungsgänge auf den verschiedenen Schulstufen (Vorschule bis Tertiärstufe) des Kantons Bern angeboten werden. Beim zweisprachigen Unterricht geht es um unterschiedliche Unterrichtsmodelle, welche den traditionellen Fremdsprachenunterricht unterstützen sollen. Bilinguale Unterrichtsmodelle bestehen darin, einen Teil des Sachfachunterrichts regelmässig in einer anderen als der üblichen Schulsprache zu erteilen und werden von der Konferenz der kantonalen Erziehungsdirektoren (EDK) gefördert. Jedoch liegt noch keine nationale Übersicht über derartige Unterrichtsformen vor. Für eine bessere Koordination der Sprachenpolitik und zur Förderung der Landessprachen soll dieses erste Inventar als Impuls für eine schweizweite Untersuchung des bilingualen Unterrichts dienen.

Immer mehr Angebote an den Schulen, aber nicht auf jeder Schulstufe.

Durch an verschiedene Schulen versendete Fragebögen konnten relevante Einblicke in den Stand der Implementation von zweisprachigem Unterricht im Kanton Bern gewonnen werden. Aus dem Inventar wird ersichtlich, dass bilinguale Programme auf den verschiedenen Stufen sehr unterschiedlich verbreitet sind. So sind sie z.B. auf der Sekundarstufe II und in der Vorschule relativ reichlich vertreten, hingegen nur gering in der Primarschule und kaum auf der Sekundarstufe I. Klassenwechsel und Stufenübertritte machen die Fortsetzung und/oder Beibehaltung bilingualer Programme schwierig. Auf der Tertiärstufe lässt sich ein weniger explizites Bild zeichnen, wobei sich aber seit 10 Jahren eine steigende Tendenz erkennen lässt. Beim Berner zweisprachigen Unterricht geniessen die Landessprachen Deutsch und Französisch Vorrang. Englisch als Immersionssprache gewinnt aber ab der Sekundarstufe II an Bedeutung und dominiert auf der Tertiärstufe. Solche Erkenntnisse sind weithin positiv zu begrüssen, zeigen zugleich aber auch die Grenzen der Ausgestaltungen aktueller Immersionsprogramme auf, da sie weiter auf allen Schulstufen etabliert werden sollten und Englisch als internationale Sprache die Landessprachen nicht übersteigen dürfte.
Erfreulich ist auch, dass die meisten bilingualen Lehrgänge allen Schülerinnen grundsätzlich offen stehen, so dass SchülerInnen nicht auf der Basis ihrer Motivation und/oder Leistungen ausgewählt werden müssen. Jedoch werden leistungsbezogene Selektionskriterien an gewissen Gymnasien eingesetzt, was zu einer indirekten Eliteförderug führen kann.

Welche Zukunft für zweisprachige Ausbildungsgänge in der Schweiz?

Das Pilotprojekt Bern·e liefert eine ausführliche Dokumentation von bilingualen Unterrichtsformen im Kanton Bern. Dabei werden relevante Aspekte der im Kanton Bern angebotenen zweisprachigen Lehrgänge angesprochen und beschrieben, wie z.B. ihre Verteilung auf die verschiedenen Schulstufen, die bestehenden Immersionssprachen und die Vorbedingungen für die Aufnahme. Im Kanton Bern existieren zweisprachige bzw. bilinguale Ausbildungsgänge fast auf jeder Schulstufe und nehmen seit den letzten Jahren an bestimmten Schulen zu. Dies scheint auf eine positive Entwicklung des bilingualen Unterrichts und dessen Akzeptanz bei SchülerInnen und Schulbehörden hinzudeuten. So wird generell eher von einem vielversprechenden zweisprachigen Unterricht ausgegangen. Damit stellt sich aber die Frage, ob alle Lernenden von solchen Unterrichtsformen profitieren können. Welche Argumente sprechen für zweisprachigen Unterricht und wie soll er sich in Zukunft in der Schweiz weiterentwickeln? Im folgenden Interview wird diesen Fragen nachgegangen.


“Il faut donc idéalement tendre vers une généralisation de ces filières” – Interview avec le Prof. Daniel Elmiger

Quels sont les éléments clés qui définissent l’enseignement bilingue du canton de Berne, comparé à ce que l’on sait peut-être d’autres cantons ou pays ou d’autres formes existantes de cet enseignement ?

Il est difficile de comparer les formes d’enseignement bilingues de ce canton à celles d’autre pays ou régions, car les contextes ne sont pas forcément comparables. Par exemple, au Luxembourg et en Catalogne, le bilinguisme est monnaie courante ; c’est plutôt la règle, y compris à l’école. De plus, en Suisse, il n’y a pas encore de vue d’ensemble ni de statistiques nationales, ou alors elles ne sont disponibles qu’au niveau de cantons individuels. C’est pourquoi un inventaire à échelle nationale est souhaitable.

Avez-vous été étonné par un aspect en particulier lors de la réalisation de l’inventaire ?

C’est l’un des types d’enseignement des langues les plus innovants et en politique, on parle beaucoup de l’enseignement des langues. Toutefois, il est étonnant qu’il n’y ait pas encore une réelle coordination au niveau national.

Sait-on pourquoi le projet a débuté dans le canton de Berne ?

Il y a diverses raisons. D’une part, le projet a été financé par des institutions affiliées au canton de Berne et, d’autre part, il est vrai que le canton de Berne s’avère intéressant, puisque des formes d’enseignement bilingues y sont représentées à travers toute la scolarité, c’est-à-dire de la prise en charge préscolaire jusqu’au niveau tertiaire.

L’une des caractéristiques saillantes de cet inventaire est aussi la quasi absence d’offre de filière bilingue au secondaire I (et relativement faible participation au primaire aussi), mais une « explosion » de l’offre et de la participation à partir secondaire II. Comment expliquez-vous cela ?

À l’école obligatoire, on se doit de tenir compte des transitions, des passages, par exemple du primaire au secondaire I, ce qui s’avère plutôt complexe. Parfois, il peut y avoir des changements de lieu, de type de classes, et les écoles doivent pouvoir maintenir une certaine cohérence entre ce qui s’est fait avant et ce qui va se faire après. Tout cela rend la mise en place de l’enseignement bilingue peut-être plus astreignante. Tandis qu’au degré secondaire II ou post-obligatoire, il n’y a plus lieu de se soucier de telles transitions. L’enseignement bilingue peut toutefois aussi servir d’argument de valorisation, notamment dans les crèches.

Ces formes d’enseignement bilingues seraient-elles aussi prisées dans le post-obligatoire, car on pourrait penser que les apprenants sont plus « aptes » à pouvoir les suivre ?

Non, ce n’est pas une question d’aptitude. Ça se fait au primaire dans de nombreuses écoles ailleurs dans le monde. Dès le secondaire II, il y a simplement plus de marge de manœuvre et d’indépendance, en comparaison avec la scolarité obligatoire.

Vous mentionnez dans les conclusions de votre rapport que, « avec l’émergence des filières bilingues, l’enseignement des langues fait face à de profonds changements qui pourraient produire des effets considérables ». À quels genres d’effets doit-on s’attendre ?

Je fais référence aux compétences des apprenants. Par exemple, au niveau des examens de maturité, on peut constater une plus grande aisance dans l’expression orale et une plus grande spontanéité. Cela ne signifie pas que l’apprentissage linguistique est achevé, mais qu’un usage plus important de la langue en classe permet de meilleurs résultats en général. La recherche tend à montrer que les élèves des classes bilingues sont plus performants.

Pourrait-on y voir un remplacement progressif de l’enseignement dit traditionnel des langues étrangères par des formes d’enseignement bilingue ?

Non, je ne crois pas. L’enseignement bilingue accompagne l’apprentissage de la langue, mais ne remplace pas un enseignement plus focalisé sur la langue. En effet, les enseignants de branches non-linguistiques qui enseignent dans la langue cible ne sont souvent pas formés pour l’apprentissage linguistique. Dès lors, les enseignants de langues et donc l’enseignement conventionnel apportent une consolidation nécessaire des acquis aux élèves.

Un phénomène d’élitisme n’est pas impossible via l’auto-sélection (l’élève s’engage dans un cursus bilingue de son propre gré) ou la sélection par critères des apprenants (l’élève est sélectionné selon ses résultats). Y aurait-il des risques également à généraliser un enseignement bilingue à l’ensemble du système scolaire ?

C’est une question intéressante. Tout d’abord, il faut souligner le fait que les diverses formes d’enseignement bilingue ne sont pas à placer sous le signe de l’élitisme ! Ce ne sont pas des filières contraignantes en soi. Cependant, le fait est que, dans le canton de Berne et ailleurs en Suisse, les filières bilingues ne sont pas encore généralisées et leur accès peut parfois être limité. C’est donc dans ces cas-là que peuvent surgir des phénomènes de sélection sur la base de critères tels que les résultats scolaires dont il faut être conscient. On ne peut pas envisager une généralisation de l’enseignement bilingue à travers toute la scolarité dans l’immédiat, mais à moyen terme, de manière progressive, on peut espérer que cela devienne une normalité, et dans ce cas, les craintes d’une filière potentiellement élitiste n’ont plus lieu d’être. On le constate dans d’autres pays où les cursus bilingues sont établis dès le primaire ou très tôt et fonctionnent très bien. Il faut donc idéalement tendre vers une généralisation de ces filières.
Concernant l’auto-sélection des apprenants, l’un des risques est que l’on rassemble les plus motivés et doués dans une classe, au détriment des enseignants des classes « traditionnelles » qui pourraient, par exemple, y percevoir une certaine injustice. Selon l’âge des enfants, ce sont bien sûr souvent les parents qui décident pour leurs enfants.

On ne courrait donc pas le risque de creuser davantage d’inégalités sociales ou de péjorer la situation pour des élèves à difficultés ?

Actuellement, là où il y a de la sélection, certains élèves peuvent en profiter et d’autres pas. On pourrait dire que c’est une inégalité, mais si l’enseignement bilingue devient une normalité, alors c’est une chance pour tous les élèves, y compris ceux dits « plus faibles », car tout le monde en profite. Il est important de rappeler que l’apprentissage linguistique dans les formes d’enseignement bilingue se distinguent de celui réalisé dans l’enseignement dit traditionnel des langues, où l’apprentissage prend une dimension beaucoup plus cognitive. Dans l’enseignement bilingue, l’apprentissage et l’usage de la langue se font de manière plus libre et naturelle.

Selon vous, comment se profile l’avenir de l’enseignement bilingue en Suisse ?

Il y aura plus d’offres, cela d’abord à échelle régionale. Certains cantons sont déjà plus engagés dans le développement de cursus bilingues dans toute la scolarité, par exemple le canton de Neuchâtel, tandis que d’autres continuent d’élargir l’offre également, mais plutôt à partir des degrés post-obligatoires. Dans un premier temps, il est utile d’en savoir plus sur ce qui se passe dans les différents cantons, avant de prévoir ce qui pourra se faire en matière d’enseignement bilingue.

Peut-on prévoir déjà des combinaisons linguistiques, ainsi que des formes d’enseignement bilingue (EMILE, échanges, immersion, etc.) privilégiées ?

On devrait assister aux mêmes principes que ceux appliqués pour l’enseignement conventionnel des langues étrangères, c’est-à-dire que l’on tendrait à privilégier les langues nationales ; du moins c’est ce que j’espère. Peut-être verra-t-on même davantage d’offres d’enseignement trilingue, avec l’anglais, par exemple, comme cela se fait déjà. Concernant les formes d’enseignement bilingue, je n’en vois pas une en particulier qui serait à privilégier. Tout ce qui permet de faire quelque chose dans une autre langue est à essayer et à exploiter.

Photo by Leonardo Toshiro Okubo on Unsplash

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